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Yull Brynner, un homme mystérieux

Juli Borissovitch Bryner naît le 11 juillet 1920 à Vladivostok (ou peut-être le 7 juillet 1915 sur l'île Sakhaline selon certaines biographies), en Russie. Il est le fils de Boris Bryner (un ingénieur d'origine suisse par son père Jules Bryner, ainsi que russe et bouriate par sa mère), et de Marousia Blagоvidova, fille d’un médecin russe de confession juive. Ses parents l'ont prénommé Juli en l'honneur de son grand-père paternel, Jules Bryner.
En 1927, lorsque Boris Bryner quitte le domicile conjugal et abandonne sa famille, Marousia emmène ses enfants Yul et Vera à Harbin, en Chine, où ils fréquentent une école tenue par une Union chrétienne de jeunes gens (YMCA). Puis, en 1934, tous les trois s'installent à Paris.
Pour gagner sa vie, Yul Brynner joue de la guitare dans des clubs de nuit. Il rencontre des intellectuels tels que Jean Cocteau et devient apprenti au Théâtre des Mathurins. Puis, il travaille comme trapéziste au Cirque d'Hiver. Une grave chute de trapèze lui cause une quarantaine de fractures, et il doit abandonner le cirque. Il devient machiniste dans la troupe de Georges Pitoeff. Dès 1941, il part pour les Etats-Unis afin d’étudier le théâtre avec Michael Tchekhov. Il commence alors à se produire à Broadway sous le nom de Youl Bryner.

Yul Brynner fait ses débuts au cinéma en 1949 dans La Brigade des stupéfiants, le seul film avec ses cheveux naturels. À partir de 1951, il se rend célèbre en interprétant son plus grand rôle, le roi de Siam Mongkut dans la comédie musicale de Richard Rodgers et Oscar Hammerstein II Le Roi et moi. Il interprète le rôle dans la production originale mais aussi dans sa reprise sur scène à Broadway en 1977, dans celle de London Production en 1979 et dans un autre reprise de Broadway en 1985. Pour ce rôle, il reçoit en 1952 le Tony Award du meilleur acteur de comédie musicale dans un second rôle. Il joue 4 525 fois au théâtre le Roi de Siam. La comédie musicale est transposée au cinéma en 1956 par Walter Lang, l'acteur y reprenant son rôle.

En 1951, Yul Brynner pour son rôle dans Le Roi et moi se rasa la tête. À la suite de l'énorme succès de cette production à Broadway et du film au cinéma, Yul Brynner continua à se raser la tête pour le reste de sa vie, bien qu'il portât parfois une perruque pour certains rôles. Se raser la tête à cette époque était très inhabituel, ce qui contribua à lui donner une image d'icône de son temps. Par admiration, des fans se rasèrent aussi la tête et ce style de coupe prit le nom de « look à la Yul Brynner ».

En 1956, Yul Brynner connut un grand succès en apparaissant dans la version cinéma de Le Roi et Moi, mais aussi, cette même année, dans Les Dix Commandements avec Charlton Heston et dans Anastasia avec Ingrid Bergman. Yul Brynner était préoccupé par sa présence à l'écran face à l'aura que dégageait Charlton Heston. Pour y remédier, il s'astreignit à un programme de musculation intensive.
Plus tard, il joue dans des films tels que l'aventure épique biblique Salomon et la Reine de Saba en 1959, Les Sept Mercenaires en 1960, Taras Boulba en 1962 et Les Rois du soleil en 1963. Il est la co-vedette avec Marlon Brando dans Morituri en (1965), avec Katharine Hepburn dans La Folle de Chaillot en 1969 et avec William Shatner dans une version cinématographique de Les Frères Karamazov en 1958. Il a joué le rôle principal dans New York ne répond plus en 1975 et joue avec Barbara Bouchet dans L'Ombre d'un tueur en 1976. Parmi ses dernières apparitions dans des longs métrages, on peut compter le film de Michael Crichton, Mondwest en 1973 et sa suite Les Rescapés du futur en 1976.

Au milieu des années 1980, Yul Brynner apprend qu’il est atteint d’un cancer du poumon dû à sa consommation excessive de tabac (cinq paquets par jour). Se sachant mourant, en janvier 1985, soit neuf mois avant sa mort, il donne un entretien dans l'émission Good Morning America, exprimant son désir de faire des court-métrages publicitaires contre les risques du tabac. Un extrait de cet entretien très poignant sert d'annonce de prévention pour l'American Cancer Society et fut diffusé après sa mort. L'extrait contient le texte suivant : « Now that I'm gone, I tell you, don't smoke. Whatever you do, just don't smoke. If I could take back that smoking, we wouldn't be talking about any cancer. I'm convinced of that », ce qui veut dire : « Maintenant que je ne suis plus là, je vous le dis, ne fumez pas. Faites ce que vous voulez mais ne fumez pas. Si je pouvais revenir en arrière et ne pas commencer à fumer, nous ne serions pas en train de parler de cancer. J'en suis convaincu. »
Du 7 janvier au 30 juin 1985, il reprend son rôle du roi du Siam à Broadway pour une tournée d'adieu, ce qui porte ses représentations du rôle à 4 633.
Yul Brynner meurt le 10 octobre 1985 à New York, à l’âge de soixante-cinq ans, le même jour qu'Orson Welles, son partenaire dans le film La Bataille de la Neretva. Ses cendres reposent en Touraine, dans le cimetière de l'Abbaye royale Saint-Michel de Bois-Aubry à Luzé.

Vie privée

Yul Brynner eut quatre épouses et cinq enfants. En 1944, il épouse l'actrice Virginia Gilmore, avec laquelle il a un fils, Yul Jr., né en 1946. Au début des années 1950, il entretient une relation avec Marlène Dietrch. Il divorce en 1960 pour se marier la même année avec Doris Kleiner, un mannequin chilien, qui lui donne une fille, Victoria, née en 1962. Après un divorce en 1967, il épouse Jacqueline Thion de La Chaume (veuve de Philippe Wiener de Croisset), une Française avec laquelle il adopte deux filles nées au Viêt Nam, Mia, née en 1974, et Melody, née en 1975. Il divorce en 1981 et épouse en 1983 la chanteuse Kathy Lee, avec laquelle il reste jusqu’à son décès. Il a également un enfant né hors mariage en 1958, Lark, et élevé par sa mère.
D'autre part, Yul Brynner était le parrain de la femme de lettres Nathalie Rheims et de l'actrice Charlotte Gainsbourg.

Hommages

  • Yul Brynner possède une étoile sur le Hollywood Walk of Fame, au 6162 Hollywood Boulevard et à l'Orpheum Théatre de Memphis, dans le Tennessee.
  • Sa maison d’enfance de Vladivostok est aujourd’hui un musée qui lui est consacré.
  • Ses cendres sont déposées en France, dans le cimetière orthodoxe privé de l’Abbaye royale Saint-Michel de Bois-Aubry en Indre-et-Loire.
  • Il possède également son nom sur l'une des cabines de douches sur Les Planches de Dauville.

 

Félix

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