Questions d'ados... alcool

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L 'ALCOOL

L’alcool en Europe et dans la société française

L’alcool est lié à l’histoire de l’humanité, à peu près tous les peuples ont fabriqué une forme ou une autre de boisson alcoolisée à partir de raisins, pommes, cannes à sucre, patates, betteraves, etc.
L’histoire de l’alcool est ancienne et sociale. L’inconscient collectif a reconnu (et reconnaît encore) à l’alcool différentes vertus : pouvoir de désaltération, habitude sociale (« trinquer »), pouvoir médicamenteux (prendre un « remontant »), analgésique, communion spirituelle (ne dit-on pas d’ailleurs « spiritueux » ?), fortifiant («eau de vie »), signe de maturité (« prendre de la bouteille ») et calmant… L’alcool fait donc partie de notre culture, spiritualité et donnée non-négligeable, … de notre économie.
Ajoutons que, dans notre société, la vente d’alcool est florissante.
Boire de l’alcool  est souvent une manière d’officialiser un événement ou de marquer la division entre le travail et les loisirs. Atteindre et même rechercher l’ivresse, sont également des comportements caractéristiques, voire symboliques des différentes cultures des pays européens. Associé à la fête, l’alcool accompagne tous les événements marquants de la vie : naissances, mariages, pendaison de crémaillère, pots de départs, d’arrivée ou de retraite, succès, etc.

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Tout au long de l’histoire, tout ou partie de notre société a donc considéré que l’alcool était un produit qui redonnait des forces et favorisait les contacts. En cela, il est l’ancêtre officiel et légal des amphétamines et de l’ecstasy, d’où peut-être son succès.

Consommation et alcoolisme – Quelques chiffres et constats

  • En France, la consommation moyenne pour les plus de 15 ans est de 19 litres par an et par personne.
  • L’alcool est le produit le moins typé socialement, touchant femme et homme, riches et pauvres.
  • Le vin est en tête des produits consommés (61%), devant les spiritueux (19%) et la bière (17%).
  • On estime que 5 millions de français ont des soucis d’alcool : 2 millions sont dépendants, 3 millions consomment de manière abusive.
  • 1 homme hospitalisé sur 3 a des problèmes d’alcool.
  • On dénombre 23 000 décès liés directement à l’alcool, c’est-à-dire 7% des décès masculins et 2 % des décès féminins.
  • L’alcool est le toxique qui tue le plus après le tabac.

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La France est en tête pour la consommation et la mortalité due à l’abus (nul besoin d’être un stratège éminent pour établir un rapport).

  •  L’alcool est à l’origine de 19% des délits (dont 60% sont des violences à enfant)
  •  En cas d’alcoolisation, le risque d’accident de la route est multiplié par 2 (à 0,5g/l – environ 2 verres), par 5 (à 0,7g/l), par 10 (à 0,8g/l), par 35 (à 1,20g/l).


Rapports à l’alcool


On peut définir 4 catégories de rapport établis avec l’alcool :


1) L’appétence : il s’agit du goût de l’homme pour l’alcool, attirance culturelle pour ses ‘pseudo-vertus’ (effet psycho actif : tonifiante, euphorisante, désinhibante…). L’appétence concerne donc les avantages supposés plutôt que les plaisirs sensoriels (goût, odorat, …).


2) Tolérance : la tolérance est le rapport entre quantités absorbées et effets produits. Naturellement, à force d’une utilisation régulière, le corps s’habitue aux effets du produit. Cela a pour conséquences fréquentes l’augmentation des quantités et l’émergence du phénomène de dépendance.


3) L’accoutumance : il s’agit d’un phénomène qui se met en place dans un deuxième temps, d’où sa perversité : l’alcool devient nécessaire à l’équilibre, la tolérance augmente ce qui provoque une augmentation des doses. Il y a peu de signes d’ivresses : le consommateur se pose donc peu de questions.


4) La dépendance : largement définie dans ces pages, elle est constituée par une perte de liberté, impossibilité de s’abstenir (manque, syndrome de sevrage), dépendance globale (physique et psychique). Cette addiction entraîne le craving (impulsions, impossibilité de se soustraire au manque et à l’habitude, sensibilisation psycho-physiologique réflexe) ainsi qu’une détérioration psycho-sociale, centration sur le problème, envahissement et changement identitaire…

Comportements et alcool


De nombreuses personnes consomment régulièrement de l’alcool sans que cela ne remette en cause leur équilibre. Pour 5 à 10% de la population, c’est plus difficile.
Voici un panel des comportements relatifs à l’alcool, du non-consommateur à la pathologie addictive :

  •  Les non-consommateurs : ne pas consommer d’alcool peut indiquer que la personne n’y voit pas de goût ou d’intérêt ou qu’elle établit un autocontrôle, plus problématique, car dans ce domaine, plus il y aura contrôle, plus il y aura… perte de contrôle.
  • Les consommateurs sociaux : ils répondent à une norme sociale. Cette partie des consommateurs diminue, car consommer de l’alcool est de moins en moins une obligation relationnelle ou sociale.
  • Les consommateurs à risques : ils consomment de manière chronique ou de manière festive (week-end systématiques…). Les risques sont divers, pour la santé de manière globale, à long terme ou dans certaines situations (conduite, travail, …) qui nécessitent une vigilance adaptée.
  •  Les consommateurs « usage nocif ou abus » : l’abus ou l’usage nocif, est caractérisé par une consommation répétée susceptible d’induire des dommages au niveau somatique, psychoaffectif et social. Les personnes appartenant à ce groupe sont susceptible d’évoluer vers la dépendance.

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CRITERES DE L’ABUS


Le questionnaire permet d’évaluer les consommateurs « usage nocif ou abus » :


1) Avez-vous déjà ressenti le besoin de diminuer votre consommation de boissons alcoolisées ?
2) Votre entourage vous a-t-il déjà fait des remarques au sujet de votre consommation de boissons alcoolisées.


3) Avez-vous déjà eu l’impression que vous buviez trop ?


4) Avez-vous déjà eu besoin d’alcool dès le matin pour vous sentir en forme ?

 

  •  Les dépendants (ou addicts) : la personne dépendante est dans l'impossibilité de résister aux impulsions vers l’alcool. Elle a perdu la liberté de s’abstenir de consommer de l’alcool (Fouquet, 1951)

Alcool et dépression

98% des personnes dépendantes à l’alcool présentent à un moment de leur existence des symptômes dépressifs. Le rapport est plus sensible chez les femmes et associé plutôt à une prise d’alcool excessive qu’à une consommation régulière.
Le principal élément de l’association alcool-dépression est un taux de tentative de suicide de 70% sur l’ensemble de la vie

 

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Selon les théories, la consommation d'alcool a été liée à la dépression, en tant que cause possible ou en tant que symptôme (ou les deux). Dans le premier cas, la dépression s’installe au fur et à mesure de l’histoire alcoolique et des difficultés qui surviennent. La dépendance alcoolique est ici primaire. Dans le deuxième cas, l’alcool constitue une sorte d’automédication de l’état dépressif. Elle est compensatoire, secondaire. L’alcool a donc une vocation ambigüe, à la fois dépressogène et antidépresseur. Au delà de sa nature primaire ou secondaire, l'important est de reconnaître la participation d'un état dépressif ou de symptômes de type dépressif au processus de nombreuses dépendances à l'alcool et d'en tenir compte dans la remise en cause de l'addiction.


La dépendance est une stratégie d'adaptation même si elle se révèle inadaptée et dysfonctionnelle. L'individu vit des demandes d'adaptation sous la forme de stresseurs. Chocs, événements de vie, stress chronique... sont autant d'élément qui participent à la construction de la réponse adaptative qu'est l'alcool. En cela, ils participent au trouble addictif. On peut relever différents facteurs de stress :

1. Les chocs : « traumatismes créant une perturbation dans l’organisme »
Le choc, par excellence est émotionnel : un événement ou une situation nouvelle surgit dans l’existence du sujet.
Quelques exemples :
Deuil, blessure, maladie grave, séparation brutale, perte d’un emploi, agression, accident, disparition.

2. Les passages : changements dans la vie de l’individu ayant un caractère social ou psychologique. L’individu doit composer avec une image de lui-même, un domaine de définition, qui, plus ou moins brutalement ne correspond plus à ceux qu’il avait peu à peu élaborés : rupture, dysharmonie du sujet avec lui-même.
Quelques exemples :
Passage de l’enfance à l’adolescence, éloignement d’un parent, passage de l’adolescence à l’âge adulte, entrée dans la vie active, changement d’école, naissance d’un enfant, déménagement, départ d’un enfant.

3. Hyperstimulation ou hypostimulation : l’individu est sollicité à outrance dans différents contextes, ou au contraire délaissé. Situation du cercle vicieux : risques de dysharmonie latente du sujet avec les autres et son environnement.
Quelques exemples :
Conflits personnels, problèmes familiaux, conflits professionnels, solitude affective, grosses charges de travail, isolement, endettement, désintérêt professionnel.

4. Facteurs événementiels : des événements, même s’ils sont heureux ou du moins prévisibles sont des agents stressants.
Quelques exemples :
Réunions, entretiens d’embauche, prise de parole, achats importants, mariage, fêtes, naissance, premières rencontres.
5. Le sujet et son environnement : les facteurs environnementaux peuvent également être cause de stress.
Quelques exemples :
Bruit, manque de politesse, voisinage, pollution, promiscuité professionnelle, suspicion, défauts d’hygiène, manque de pudeur.
L'examen des facteurs de stress sont autant d'occasion de résolution de problèmes.

Alcool et trouble des conduites
Pour permettre à chacun, jeunes et moins jeunes, ruraux ou citadins, de concilier fête et sécurité, les associations Prévention Routière et Assureurs Prévention lancent une campagne sur les risques de l'alcool au volant et proposent des solutions concrètes pour éviter que les retours des fêtes ne se terminent en drame.
Personnalité dépendante
La personnalité dépendante se manifestera par :

  •  Une dépendance vis-à-vis d'autrui
  •  Un manque d'autonomie
  •  Un défaut d'estime et conséquemment de confiance en soi

L'alcool souffrance : la dépendance, comment devient-on alcoolodépendant ?
“La dépendance c’est la perte de la liberté de s’abstenir de boire” disait Fouquet.

 

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La dépendance s’installe insidieusement et commence par des périodes de consommations adaptées, souvent festives et en groupe pour les hommes. Elle peut cependant être déjà solitaire chez les femmes. Pendant cette phase, la personne arrive même à réduire temporairement sa consommation lors d’événements fortuits (gueule de bois, accident de voiture alors qu’elle est alcoolisée), mais sans s’autocritiquer : « c’est la faute à pas de chance».
Puis malgré l’apparition de dommages causés par cette consommation excessive (problèmes au travail, conflits familiaux, conduite automobile sanctionnée avec plus de 0,5 g/l) la personne n’arrive pas à réduire sa consommation durablement. Ses tentatives pour maîtriser sa consommation échouent malgré parfois une consommation intermittente qui donne l’illusion du contrôle :
« Puisque je peux arrêter de boire, je ne suis pas un alcoolique ». C’est le « déni ».

La compulsion à consommer l’emporte malgré les dommages, ceci pendant une longue période. La personne poursuit durablement sa consommation. Les efforts qu’elle fait pour essayer de contrôler ou d’arrêter de boire sont inefficaces.

Compulsion à consommer et contrôle infructueux de sa consommation sont les deux piliers de la dépendance.
La présence de signes de sevrage physique à l’alcool que sont l’irritabilité, l’anxiété, les sueurs et les tremblements, n’est pas nécessaire pour dire qu’une personne est dépendante de l’alcool. S’ils sont présents, bien sûr, ils confirment la dépendance physique à l’alcool, c’est-à-dire le besoin d’alcool par adaptation de l’organisme à une alcoolémie constamment élevée.

Existe-t-il des traitements de l'addiction à l'alcool ?
En France, 2 millions de personnes seraient alcoolodépendantes, la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac. D’après une étude clinique.
Au-delà de la dépendance, l’alcool augmente le risque de développer plus de 200 maladies, dont la cirrhose du foie et certains cancers, favorise les actes de violence et les traumatismes et rend plus vulnérable face aux infections comme la tuberculose et la pneumonie. Une consommation excessive peut entraîner des troubles de la mémoire, une anxiété, de la dépression, de l'insomnie et être à l'origine de suicides.

Alcool chez les jeunes : le rôle des parents
C'est durant l'adolescence que la première ivresse peut survenir. A partir de quand ces excès doivent-ils inquiéter les parents ? Comment peuvent-ils alors réagir ? Le Pr Michel Reynaud, addictologue, répond à ces questions alors que se développent de plus en plus certains comportements dangereux.
Les comportements dangereux des jeunes vis-à-vis de l'alcool ont changé. Les consommations frénétiques avec recherche rapide d'ivresse sont en nettes augmentations. Face à ce phénomène appelé "binge drinking", les autorités sanitaires lancent une nouvelle campagne.

 

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S’organiser préalablement pour savoir comment on va rentrer.
Il existe plusieurs solutions telles que loger sur place, appeler un taxi, prendre les transports en commun, avoir son ‘Bob’, etc.











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